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5 – 4 – 3 – 2 – 1 – et top départ… …  bon départ – bon départ!

Il est vrai que l’on s’attendait à un petit triangle en baie version parade avant de partir, dans des tout petits aires. J’étais le deuxième bateau à quitter le ponton du port Tréboul, j’avais sauté sur l’occasion en voyant un zodiac de bénévoles qui passait derrière, cette attente était vraiment trop longue, mais lorsque le Duke est sorti de sa place et qu’il à commencé à tourner pour s’aligner derrière son remorqueur, j’avoue avoir eu un jolie frisson en entendant les acclamations de la famille, des amis et sans doute d’autres personnes. En réalité le vent est monté et c’est établie en mode airs de cinéma: entre 10 et 15 nds, ça tombait bien le départ et le parcours en baie devait être filmé et retransmis en direct à la TV.
C’était magnifique! un peu plus sport que prévu, et heureusement assez rapide.
Sorti de la dernière marque devant l’Iles Tristan je choisis le milieu de la baie (droite du plan d’eau) un coup qui s’avère payant puisque en arrivant au raz de sein je recolle et dépasse le groupe qui était devant moi à la dernière bouée. Le soleil descend, il fait frais et faim, le vent faiblis et les changements de voiles commencent…
3h00 au sud de la chaussée de sein: le bateau n’avance plus, j’ai la sensation de m’être fait reprendre par un gros paquet de bateaux, je suis scotché et voie les autres avancés, j’ai froid et dors un peu.
Le soleil se lève et cette fois ci tous les bateaux à vue sont tanqués, je commence à me réchauffer tout doucement et sort le premier sac de nourriture… un petit pain au chocolat… pas top, et le reste bof… j’ai l’impression que mon petit casse croute improvisé d’hier après-midi n’est pas passé…
Voila comment l’histoire commence. C’est juste l’histoire d’un gars qui a pris le temps de bien préparer son bateau, mais qui n’a malheureusement pas suffisamment pris le temps de se préparer.
Les conditions que je voulais rencontrer, tel que le passage d’un front, voir les rotations lentes du vent, la houle qui entre suivie de la mer croisée, je les ai vue sans pouvoir les vivre pleinement, sans pouvoir les apprécier. J’ai toujours aimé les conditions difficiles, mais je n’avais jusqu’a ce jour jamais connue le mal de mer…
Dans mon ignorance, et avec un vécu d’intoxication alimentaire à mon actif, j’ai mal interprété mes symptômes, je n’ai réussi ni à m’alimenter ni à boire et le fait de ne rien avoir à vomir m’a épuisé. Par la suite, le fait de finir par vomir du sang m’a d’abord surpris puis m’a inquiété. Je me retrouvais donc à 5 ou 10 % de mes capacités.
J’étais mal partout, l’intérieur du bateau était insupportable du fait des odeurs du sac à nourriture, à l’extérieur j’étais trop faible pour me tenir ou me caler convenablement.
Après le virement de bord pour attaquer la route au sud, ce manque d’énergie et de lucidité me fait commettre un grosse erreur. Je comate à l’intérieur du bateau et le bruit d’un craquement puis d’une collision me sort de mon état. Je m’accroche à ma longe pour sortir, puis court à ma ligne de vie et en regardant vers l’avant et m’aperçoit que le bout dehors n’est plus là, arrachée par une ou plusieurs de ces vagues violentes.
S’en suit une longue route au reaching dans une mer désordonnée qui commencera à se ranger au bout du 3ème jour ou je me retrouverai donc en sous vitesse puisque dans l’impossibilité et l’incapacité d’établir la voile qui convient…
La notion de plaisir est nulle, la peur à été présente durant ces deux derniers jours. Le dégout est d’autant plus fort que je ne peux pas m’expliquer mon état et c’est trop. Je n’arrive même pas à penser à toutes ces personnes qui m’ont suivi et soutenu depuis des années, qui ont déjà supporté beaucoup, et à tous ceux qui m’ont permis d’être ici. La route à été longue et difficile, gratifiante à certains moment, magique à d’autres, mais aussi semée d’embuche, pleine de doutes et de questions. Je ne peux penser à rien d’autre qu’a l’envie d’arrêter. Je suis mal, ne sais pas pourquoi et veux que ça s’arrête.
Je tire donc la barre à l’entrée du DST Finistère en imaginant me dérouter sur la Corogne pour abandonner la course.
La suite n’est pas beaucoup plus rigolote, puisque après avoir croisé bon nombres de cargos je me retrouve le long des cotes Galiciennes encalminé dans de la pétole et des pêcheurs… de nuit pour commencer, puis de jour… ce fut très long… très très long. Cette sensation rendue plus désagréable encore à cause de la houle et de l’état de la mer qui, sans vent n’a pas beaucoup aidée à arranger mon état.
Je prend donc une décision, malgré l’arrivée de Sara qui m’aidera plus que jamais à me remettre en route, malgré les coup de téléphones de personnes qui ont soutenu ce projet depuis le début, malgré la gentillesse des « gallegos » et bien que Loïc m’ai expliqué que ça n’était en réalité que le mal de mer, et bien qu’après deux jours de bricolage le bateau est définitivement prêt à y retourner… Je ne repartirai pas.
Cette histoire à commencée il y a longtemps, ce ne fut pour finir ni un défi, ni une course, ce fut une formation! et comme tout étudiant, il arrive un jour ou l’on veut passer à autre chose.
Je suis donc de retour au bord du Lac Léman, pas pour longtemps puisque je vais retourner chercher mon cher petit bateau que j’ai laissé à Sada. Cher petit bateau qui est donc devenu bien plus qu’un mini pour moi au fil de ces années et dont j’aurai du mal à me séparer… Il est pourtant mis en vente, car son skipper n’a pas pu l’emmener de l’autre coté, il l’a simplement ramené à la maison (ESP). Je suis un peu déçu de ne pas finir cet article en vous saluant des Canaries ou de la Guadeloupe mais je suis heureux de passer à autre chose (chose qui aura nécessairement une coque et des voiles!)
Pour conclure, je remercie une fois de plus tous ceux qui se reconnaitront, tous ceux qui ont fait quoi que ce soit pour permettre il y a 6 ans, 5 ans, 4 ans, 3 ans, 2 ans, 1 ans, que cette aventure soit belle.
Merci et à bientôt
Aymeric